Ils arrivèrent tous, vétus d’habits de pluie, le vernis des baskettes brillait à la lueur du nouveau lampadaire qui, posé là, pour une fois, éclairait quelque chose.
Après les effusions de retrouvailles, bisous aux amis – ennemis les couteaux rangés mais prêts, nous nous asseyâmes, le rictus convenu aux lèvres, regard tourné vers le prêcheur en poste pour l’instant. Je senti déjà mon genou gauche en compote à cause du tube de la table et ce gus à côté qui ne veut pas se décaler un peu; il apprend à nager avec ses coudes qui essaient de cacher des papiers importants – forcément – étalés devant lui; je remarque au passage sa liste de courses à faire. La réunion peut commençer, je baille, j’ai faim.
Faut toujours que se soit les mêmes qui prennent la parole, alors les autres regardent ceux qui parlent et ouvrent la bouche en signe de vouloir faire de même, au moins il y en a qui suivent. Vaine manoeuvre, le prêcheur ne bronche pas et distille à foison son sentiment- comme çà il n’y a plus qu’a dire OUI – Je boue, rien à dire, c’est le vide, le blanc, le plantage de mots, la honte des tribuns, le cachot, la chute, le clone du Sulliver.
Ce qui est vrai, c’est que je ne suis pas né là….. je dois la boucler, ranger mes préparations en parler en cachette à un ancien qui ne m’écoutera que par politesse entre deux portes et bonjour chez toi.. oui, allez!! C’est comme çà, la, la la, lala .
