Il avait une C4…….
Un jour, il est arrivé chez Mémère Jeanne et Pépère avec Angèle, des gâteaux plein les bras et des paquets de tabac gris pour Pépère. Dès son arrivée, il nous a emmenés faire un tour dans son auto jusqu’au lavoir, et on était contents: on était toujours contents lorsque Raymond venait chez Mémère. Angèle était restée parler au bout de la table de la cuisine; c’était son coin préféré, elle s’y installait dès son arrivée avec ses deux paquets de Gitanes, et n’en bougeait plus jusqu’au moment où Raymond disait qu’il fallait repartir pour Paris. Angèle avait découvert le maquillage chez les Prisunic et se faisait avoir par tous les vendeurs de produits si bien qu’elle ne se séparait jamais de son sac et se re-plâtrait à outrance dès que le soleil brillait ou dès qu’elle avait chaud, elle dégoulinait pas mal, autant d’ailleurs que de son pinard qu’elle apportait, pour elle même. Une bonne Bretonne brune plaquée avec des lèvres rouges et un fume cigarettes toujours vissé aux dents. Elle était coquette et montrait ses bagues en or que Raymond avait acheté pour elle; ses doigts tremblants jaunes au bout, cherchaient avidement une plaque de cachets ( c’est pour maigrir, disait elle). On rigolait bien avec Raymond, il parlait fort et de plein de choses que l’on ne comprenait pas, surtout au sujet des ” gisquettes ” de son quartier. Pépère lui demandait toujours si le garage marchait bien, il disait que oui, mais un jour on lui a tout dévalisé dedans même la C4, alors il a vendu les lieux, et fini sa carrière en représentant d’huile moteur. Pépère, il était à l’autre bout de la table, sa gampette sur le crâne et mâchouillant son bout de chocolat en fumant une” toute faite ” du paquet que ma Mère avait fait envoyer par moi ( il en avait plein d’autres derrière le poste de radio ).
La radio ne connaissait que ” le poste Parisien ” ( france inter ) et devenu “aware”, j’obtenu l’autorisation de bouger l’aiguille et d’écouter “Top of the Pops” avec Jimmy Saville. Angèle quittait alors systématiquement les lieux à 16h30, début de l’emission; elle disait qu’elle ne comprenait rien… et que ce n’était plus comme avant. Forcément disait Raymond, la seule musique que tu connais, c’est celle des cochons qu’on égorge dans ton patelin. Raymond, il avait fait des bals dans Paris en jouant de l’accordéon; d’après ce que j’ai compris, cela marchait bien, et puis il a rencontré Angèle, et elle, n’a plus voulu servir de groupie à Raymond, surtout lorsque le patron du rade ne voulait plus servir les soulottes de l’orchestre ( Raymond, plus tard, il ne voyait pas son cachet de la soirée car celui-ci était avalé par les consommations ).
Je ne trouve pas une fin…
